La distance érotique

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Jeudi 19 juin, je me suis lancée la première, j’ai jamais su attendre.
Objet: Hi there !    10:26 
Charlotte:
Toc toc..
10:30
Alexandre
Je suis la…près de toi, de vous…je t’attendais…
 Xxxx
11:28
Toc toc a mon tour..tu es là…?
Il m’attendait ??? Rhôôô….voilà que je ronronnais dans ma cuisine, m’arcboutant et me frottant contre l’angle de la porte.
11h45
Charlotte:
Oui, mais j’étais dans l’impossibilité de répondre, mon homme est passé pour parler boulot…
Pendant que nous parlions affaires, la sonnerie de ton mail a retenti et j’ai eu l’impression que mon coeur s’arrêtait…
J’ai passé une nuit étrange, une nuit de première fois..tu étais là…
La verité c’est que j’ai fait trois tour dans ma culotte sans toucher l’élastique !!! Que j’avais les yeux ouverts en m’endormant.. qu’il n’avait pas idée de la manière dont il bouleversait ma petite vie tranquille.
Nous commencions notre conversation…j’étais seule à présent…juste moi, mon poulet tout nu sur sa barquette et les mails de Monsieur Doo. La Gironde coulait dans mon verre lorsqu’il me répondait.
12:01
Alexandre:
Pour moi c’était pareil…une nuit étrange..tu étais dans mes pensées, j’étais seul dans la soirée et mon imagination s’est tournée vers toi.
j’imaginais des choses avec plaisir…..tu étais là…à coté de moi…..
12h19
Charlotte:
Alors nous étions connectés…? C’est peut-être ça, la longueur d’onde… J’ai imaginé des centaines de situations.. Toutes concernaient notre première entrevue.. 
C’était tellement érotique que ça m’a réveillée vers 3h du mat’, j’avais soif, très soif.. De toi. 
Je trinquais à sa santé avant d’enfoncer mes doigts agiles à l’intérieur de ma volaille. L’animal froid et offert sur mon plan de travail n’arrivait pas à plomber mon excitation du jour et d’un geste vif je lui empoignais les entrailles avant de les extirper comme un chapelet de petites choses molles. 
12h23
Pour continuer cette “relation” je te donne une nouvelle adresse mail.
Merci d’effacer celle-ci et de mémoriser celle-là:
doo-it@hotmail.com
envoies ton prochain sur celle-ci surtout….
 
Moi j’ai eu si soif de toi dans la soirée que mon excitation c’est
transformé en plaisir…j’étais avec toi dans toi…..
12:40
Effacée..Monsieur Doo…A vos ordres !
Viens.. Plus près.. 
Et raconte moi…
je veux te l’entendre dire… 
xxxX
Il avait modifié son adresse, il changeait de vie, de profil, il relookait son karma, il devenait un autre. L’aisance de création d’adresse mail ne peut que vous Docteur Jekylliser. Oui, il fallait me raconter, comment il était en moi, comment il m’a prise, pendant que je matais mon poulet qui rougissait, caramélisant. Le fond d’eau du plat bullait, mon mets perlait et mon amant frais émoulu s’éxécutait:
12h44
m’entendre dire que je suis près de toi..que ton odeur, ton parfum me mets dans un état d’excitation que j’ai du mal a contrôler…mes mains glissent sur ta peau si douce. Je t’inonde de mes caresses. mes lèvres glissent dans ton cou si chaud……..;
13:12
L’idée que vous partiez pour une pause déjeuner en me laissant sur ma faim me tue.. L’envie de vous serrez entre mes cuisses, comme prisonnier, me nargue..
Descendez Monsieur Doo.. Glissez vous entre mes seins, Une main sous mon cul, l’autre sous ma tête.. Comme ça, serrez moi..embrassez moi, léchez moi, comme une glace à l’italienne..
Vous me faites craquer Monsieur Doo, se peut-il que mes seins arrêtent d’être érectiles un jour? parce que là, j’ai effectivement très chaud..x
Une heure à 210 degrés, j’étais cuite. Cependant, il manquait un soupçon de piment, de baies roses, d’épices et de fruits juteux. Améliorant mon plat du jour de tous ces petits suppléments d’âmes je claquais la porte du four d’un coup de hanche directe. Encore dix minutes et mon poulet frôlerait la perfection.
13:17
J’ai envie de vous goûter, de vous lécher, de descendre entre vos reins puis d’arriver sur 
vos fesses…me surexcite…ma langue goûte cette partie de votre corps..c’est si bon si
doux si chaud…..j’ai envie de t’entendre au téléphone, envie d’entendre votre voix
et de m’imaginer près de vous….de gémir avec vous…..
Le liquide vaisselle me coulait entre les doigts. Je trouvais tout sensuel dans cette cuisine malgré le fait qu’elle soit du plus mauvais goût et pensé par un commercial de grande surface touchant une commission au nombre de porte posées plutôt que par un architecte d’intérieur un peu zélé et imaginatif.
Ce magnifique carrelage marronnasse absorbait la lumière du jour, par là même tamisait l’ambiance feutrée et rotie dans laquelle Alexandre me goûtait mais il faut savoir voir son verre à moitié plein, toujours.




Un commentaire

1 réponse jusqu'à présent ↓

  • aymeric // janvier 4, 2009 à 12:47

    je découvre par un heureux hasard facebookien, un commmentaire de Sandrine sur un nu au marqueur éveillant ma pieuse curiosité… je suis sous le charme

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